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Contexte et retour sur une année d’expérimentation en image :
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Contexte :

Depuis plusieurs années, l’agriculture en milieu périurbain a beaucoup évolué. De nouveaux systèmes de production sur « Petite surface » avec une gamme de légumes très diversifiée ont vu le jour. Les candidats à l’installation sont devenus de plus en plus nombreux à choisir ces systèmes. Cela est particulièrement vrai dans la région Auvergne-Rhône-Alpes et s’explique en partie par les nombreux bassins de consommation situés autour des villes : Lyon, Saint-Etienne, Grenoble, Valence. Avant l’arrivée de ces nouveaux acteurs, la région était caractérisée par un grand nombre d’exploitations en agriculture biologique ou conventionnelle cultivant 2 à 5 hectares de légumes divers pour vendre en direct.

Le maraîchage sur petite surface se développe, surtout ces dernières années, mais les porteurs de projets d’installation et les conseillers techniques manquent de références technico-économiques. C’est en partant de ce constat que le projet d’expérimentation MIPS-AURA (Maraîchage Intensif sur Petite surface en Auvergne-Rhône-Alpes) a vu le jour en 2019. Son objectif est d’évaluer, à échelle réduite et en conditions expérimentales, les performances d’un système maraîcher sur petite surface, en comparant à un système d’exploitation de 3,4 hectares, lui aussi miniaturisé.

L’année 2019 a été consacrée à la définition des deux systèmes étudiés, système « Petite surface » et système « Classique », au choix du matériel et à l’élaboration des plannings de cultures. La mise en place des différentes productions a débuté en janvier 2020 et s’est poursuivie toute au long de l’année. 

Cette expérimentation est certifiée en Agriculture Biologique.

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Les systèmes de production :

    Le système « Classique » 


Les surfaces de production


Dans un premier temps, il a fallu définir un système de production qui servira de référence dans l’expérimentation pour analyser le système sur petite surface. Pour cela, l’étude suivante, réalisée par la Chambre d’Agriculture du Rhône (CA69) a été utilisée : Approche technico-économique des systèmes de productions maraîchères diversifiées de Rhône-Alpes, Dominique BERRY et Thierry DANSETTE, 2013. Dans ce document, seules les exploitations ayant une SAU (Surface Agricole Utile) comprise entre 2 et 5 hectares sont étudiées. La taille moyenne de celles-ci est de 34 000m² et la proportion d’abris est de 10%.


Au sein de la station d’expérimentation SERAIL, le parcellaire du système « surface classique » est composé de : 


-    4 blocs de 10 mètres de large par 48 mètres de long soit 1 920 m² de surface en plein air. 
-    1 tunnel de 8 mètres de large x 30 mètres de long soit 240 m² de surface sous abris (11,11% de la surface totale)  


La superficie totale de notre système « classique » miniaturisé est donc de 2 160 m² soit 6,35% d’un système à taille réelle de 34 000 m². 
Sous abris les 4 planches de culture mesurent 1,25 mètre de large et les passes pieds (5) 0,6 mètre de large, soit une largeur planche + passe pieds de  2 mètres. En plein air, les planches mesurent 1,25 m de large et les passe-pieds 0,42 mètre, soit une largeur planche + passe-pieds de 1,67 mètre.

 

Le temps de travail 
 

Dans l’étude de la CA69, une UTH (Unité de Travailleur Humain) a été définie à 3 000 heures annuelles soit 60 heures/semaine sur 50 semaines. Il est aussi mentionné qu’une UTH de base 1 650 heures cultive en moyenne 9 000m². En faisant une légère approximation, il a été convenu que 2 UTH exploitants étaient capables de cultiver les 34 000 m² de notre système de référence.  En enlevant les temps de commercialisation et d’administratif qui ne sont pas comptabilisés dans le projet expérimental et qui seront estimés, le temps de travail annuel est de 285 heures dans le système miniature ; soit un temps de travail moyen par semaine de 5 h 42 min qui a été mensualisé pour répondre au calendrier de production (Figure 1). 

Figure 1: Temps de travail moyen hebdomadaire sur le système "classique"

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Le matériel et les équipements


   Dans ce système, tous les matériels couramment utilisés dans les exploitations de 2 à 5 hectares sont présents sur la station d’expérimentation et sont utilisés. On retrouve un tracteur de 85 chevaux équipé de nombreux outils : cultirateau, actisol, décompacteur, vibroculteur, semoir pneumatique, benne trois points, broyeur, dérouleuse à paillage, arracheuse à pomme de terre, lame souleveuse, etc. 
   Les équipements de la station, comme les chambres froides et chambres chaudes, sont utilisés pour le stockage des cultures. Toutes les parcelles sont reliées au réseau d’irrigation et des programmateurs ont été installés pour automatiser l’arrosage. Le système d’irrigation est en aspersion en couverture intégrale en maille de 12m x 12m en extérieur et par aspersion pendulaire et goutte à goutte sous abris. 


Les cultures 


   La gamme de légumes et les surfaces de production ont été déterminées grâce à une enquête réalisée par le BTM ( Bureau Technique des Maraîchers du Rhône) sur 10 exploitations d’une surface comprise entre 2 et 5 hectares. Les cultures implantées sur le système miniature correspondent à la surface moyenne de données issues de cette enquête, en supprimant les cultures réalisées par une minorité d’exploitations. 
Les surfaces de production du système « classique » sont disponibles en annexe 3. 

    Le système « petite surface »


Les surfaces de production


Dans cette expérimentation, la surface maximum des exploitations considérées sur petite surface a été fixée à 1 hectare. Cette limite a été établie pour être en adéquation avec l’étude réalisée par la Chambre d’Agriculture du Rhône (CA69) sur les exploitations de moins d’un hectare dans la région Rhône-Alpes : Données technico-économiques des systèmes de productions maraîchères diversifiées en Rhône-Alpes sur moins de 1 ha cultivé. Edition 2017. Stacy Bourrely - Dominique Berry, Chambre d’Agriculture du Rhône. Pour le projet, le choix de départ a été de miniaturiser une exploitation d’un hectare. Cependant, après 4 mois d’expérimentation, à la vue des premiers résultats et pour plus de cohérence, il a été décidé de considérer le système expérimental comme la miniature d’un système de 7 000 m ². 

Au sein de la station d’expérimentation, le parcellaire du système « Petite surface » est composé de : 
-    1 tunnel fixe de 8 m de large par 20 m de long 
-    1 tunnel mobile de 8 m de large par 10 m de long déplaçable sur 3 emplacements 
-    6 blocs de 10 m de large par 10 m de long en plein champ
Soit une superficie de 760 m² en plein air et de 240 m² sous abris. La proportion d’abris est donc de 24%, c’est un des leviers étudiés pour améliorer la productivité sur petite surface. La superficie totale du système miniature est de 1 000 m² et représente 1/7ème d’une exploitation de 7 000 m². 
Sous abris les planches de culture (6) mesurent 80 centimètres de large et les passes pieds (7) 46 centimètres de large, soit une largeur de planche + passe pied de 1,33 mètre. En plein air, les planches mesures 0,80 mètre de large avec des passes pieds de 0,20 mètre, soit une largeur planche + passes pieds de 1 mètre. 

Le temps de travail

Dans l’étude de la CA69 sur les systèmes maraîchers sur petite surface, le temps de travail moyen d’un exploitant est de 0,79 UHT. Cela signifie que dans les exploitations étudiées, les chefs d’exploitation travaillent en moyenne 2 370 heures. Soit 630 heures de moins que la base de l’UTH exploitant qui avait été déterminée grâce à l’étude des exploitations de 2 à 5 hectares. En répartissant ce nombre d’heures sur 50 semaines, on obtient un temps de travail hebdomadaire de 47,4 heures. Pour l’expérimentation, le temps de travail hebdomadaire moyen choisi a été de 40 heures.  Soit 1/3 de moins que le temps de travail sur le système « classique ». Ce choix a été fait en concertation avec les membres du comité de pilotage installés sur petites surface, représentant l’objectif de temps de travail hebdomadaire qu’ils souhaitent atteindre. Sur ce système, il a été envisagé le travail d’un seul exploitant.   

Sur le système miniature, une fois déduit le temps de commercialisation et d’administratif, le temps de travail de terrain est de 214 heures annuelles, soit en moyenne 4 heures et 17 minutes hebdomadaires. Ce temps de travail a été mensualisé pour répondre au calendrier de production (Figure 2).


 

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Figure 2: Temps de travail moyen hebdomadaire sur le système "petite surface"

 Retour sur une année de projet en image 

Le matériel et les équipements


   Dans ce système, les équipements ont été adaptés, la mécanisation a été réduite. Pour les travaux de sol : motoculteur équipé d’une herse rotative et rotovateur. Une forte présence de cailloux montre les limites de la herse rotative. 
   Différents outils manuels ont aussi été acquis : semoir JP1, semoir Coleman, pousse-pousse américain, grelinette, sarcloir, débroussailleuse, motobineuse…. Cependant, nous avons constaté que l’utilisation de la grelinette et de la débroussailleuse étaient chronophages. Pour l’année 2021, deux investissements ont été réalisés pour le motoculteur : un broyeur (pour détruire les engrais verts et les cultures) et un cultivateur canadien (pour ameublir le sol). 
   Enfin, de la même façon que pour le système classique, tous les équipements de stockage sont utilisés pour la conservation des légumes. Les parcelles sont aussi reliées au réseau d’irrigation et sont toutes équipées de programmateurs d’arrosage.  Le système d’irrigation est en micro-aspersion en extérieur en maille de 5m x 5m et en aspersion pendulaire et goutte à goutte sous abris. 


Les cultures


   Dans le système petite surface, la gamme de légumes a été optimisée, sans toutefois tomber dans la production de niche. Des ajustements ont été réalisés pour correspondre au mieux au modèle. En comparaison du système classique : 
-    Il n’y a ni pommes de terre de conservation, ni cardons.
-    La proportion de cultures occupant beaucoup de surface (choux, courges, poireaux) a été réduite.
-    La culture du mesclun a été ajoutée.
Les densités de plantation sont aussi plus importantes que dans le système « classique », avec, pour la plupart des cultures, une densité multipliée par 1,5 ou 2. Certaines cultures, comme les melons, ont aussi été palissées sur ce système alors qu’elles ne le sont pas sur le système « classique ».   
Les surfaces de production du système « petite surface » sont disponibles en annexe 4. 


   L’objectif de résultat 


Après discussions avec les 6 maraîchers présents au comité de pilotage et avec Dominique BERRY (conseiller en maraîchage biologique, CA69), l’objectif fixé est d’atteindre 25 000€ de résultat par exploitant . L’objectif reste identique pour les deux systèmes, même s’il paraissait un peu faible pour les maraîchers installés sur des surfaces « classiques ». Avec ce résultat, les exploitants doivent pouvoir se verser une rémunération et autofinancer des investissements. 


 

Janvier - Février

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Figure 3: Tunnel système surface "classique"

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Figure 4: Tunnel système "petite surface"

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Figure 5: Montage du tunnel mobile

Premières implantations de cultures et finalisation des achats. Finalisation du montage du tunnel mobile pour qu’il puisse accueillir les premières cultures fin février.

Mars

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Figure 6: Radis et navets sur le système "petite surface"

  • Facebook
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Figure 7: Maraîchage intensif sur petite surface (Facebook)

Premières récoltes de légumes : navets, radis et mâche ; avec une précocité légèrement plus importante sur le système « classique », peut-être due à la densité de plantation plus importante sur le système « petite surface ».

Au mois de mars, le site internet https://www.mips-aura.fr  a été créé pour regrouper toute les informations du projet. Une page Facebook est aussi régulièrement alimentée.

Avril

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Figure 8: Récolte des légumes primeurs

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Figure 9: Plantation des Cucurbitacées et Solanacées d'abris. Plantation des pommes de terre de conservation système "classique"

Pour la première fois, le tunnel mobile a été déplacé, permettant le semis des haricots et radis sous le deuxième emplacement, tandis que les cultures comme les petits pois, pois gourmand, pommes de terre nouvelles ou carottes se sont retrouvées en plein air.  Retrouvez la vidéo du déplacement sur : https://www.mips-aura.fr/le-tunnel-mobile .

Mai

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Figure 11: Lâcher d'auxiliaires dans les abris

Au mois de mai une grosse infestation de pucerons sur les cultures d’été a été observée. De nombreux lâchers d’auxiliaires et traitements aux sels gras de potassium (Flipper à la dose de 2% dans un volume de 1000l d’eau/ha, 5 applications à l’aide d’un pulvérisateur électrique à dos) ont été nécessaires.

Juin

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Figure 12: Mesclun dans le système "petite surface"

Au départ, semé en direct en pleine terre, l’itinéraire de culture du mesclun a été modifié. En effet, en semant en minimottes puis en repiquant sur un paillage plastique, plusieurs problèmes ont été solutionnés :

  • Moins de concurrence avec les adventices = augmentation du nombre de coupes ;

  • Plus de concurrence entre les espèces selon leurs temps de germination = mesclun plus homogène ;

  • Moins de perte en semence = réduction du coût de production.

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Figure 13: Plantation des poireaux

Plantation des poireaux dans les deux systèmes. A l’aide d’une planteuse tractée super-prefer dans le système « classique » et à l’aide d’un emporte-pièce manuel permettant de faire 10 trous à la fois dans le système petite surface.

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Figure 14: Palissage des melons, système "petite surface"

Dans un souci de gain de place, les melons du système petite surface ont été palissés sur un filet à ramer.

Juillet 

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Figure 16: Aubergines, système "petite surface"

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Figure 15: remplacement des roulettes du tunnel mobile

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Figure 19: Récolte des melons palissés

Suite au deuxième déplacement, les roulettes du tunnel mobile se sont déteriorées. Elles ont donc été remplacées par des roulettes plus résistantes.

Au mois de juillet, les récoltes des productions estivales, tomates, aubergines, concombres, poivrons, courgettes ont été réalisées. Les arrosages ont été fréquents pour maintenir une production qualitative et quantitative. 

Août

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Figure 17: Binage des cultures, système "petite surface"

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Figure 18: Récolte des pommes de terre, système "classique"

Sur le système « petite surface » les premiers melons palissés ont été récoltés. Ils ont tenu suspendus au filet jusqu’à la récolte sans aucune intervention. Ils étaient cependant de plus petits calibre que ceux de la surface « classique » en culture au sol. Mais cette différence est peut-être due à l’irrigation ou au travail de sol.

Septembre

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Figure 20: Nouveau tunnel pour le système "classique"

Le premier tunnel utilisé pour le système « classique » était déjà en place sur la station les années précédentes. De nombreux essais estivaux sur des cultures de Solanacées avaient été mis en place. Dès l’implantation des premières cultures du projet, une forte présence de nématodes a été détectée. Pour limiter le biais expérimental entre les deux systèmes, un nouveau tunnel, similaire à celui implanté sur petite surface, a été monté.

Octobre

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Figure 21: Courges, système "petite surface"

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Figure 22: Tunnel du système "petite surface" au mois d'octobre

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Figure 23: Les tunnel mobile après la tempête Barbara

Au mois d’octobre les récoltes des légumes de conservation ont eu lieu ; et les plantations d’hiver ont été réalisées sous les tunnels.

Cependant, suite à la tempête Barbara le 21 octobre, les deux premiers arceaux du tunnel mobile se sont envolés. Un choix d’amarrage plus résistant a été fait.

Novembre - Décembre

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Figure 24: réparation du tunnel mobile

Le tunnel mobile a été réparé pour accueillir les  légumes de la saison prochaine.